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Dissidia Final Fantasy Opera Omnia

La série des Dissidia n’est plus toute jeune. C’est un jeu qui devait marquer les 20 ans de la série, en 2008. Pour aller encore plus loin dans l’hommage, Dissidia Final Fantasy est sorti à la même date que le tout premier Final Fantasy sur Famicom. Pour cet anniversaire, le but était simple : réunir les principaux personnages de la saga et les faire s’affronter. Square Enix venait de réaliser le rêve de nombreux fans : pouvoir jouer ses personnages favoris (même les antagonistes) et voir qui serait le plus fort en combat singulier.

Depuis, en 10 ans d'existence, la série des Dissidia a su se développer. Un second opus sur PSP en 2011, un jeu sur bornes d’arcade en 2015 et son adaptation sur PlayStation 4 en 2018, et finalement un jeu sur smartphone sorti en 2017 au Japon et en 2018 en Occident. C’est ce dernier qui va nous intéresser pour ce test. Les promesses d’un Dissidia sont-elles tenues ? Le format mobile est-il une contrainte ? Comment ce titre innove-t-il ? Cet article est là pour en parler autour d’une bonne bagarre !

:: A la croisée des genres

L’intérêt premier des Dissidia est de pouvoir ajouter un maximum de personnages afin de les faire combattre ou de voir comment ils interagissent. En cela on peut dire que Dissidia est à la croisée des jeux Final Fantasy. Mais Opera Omnia, lui, est à la croisée de tous les Dissidia ! Il se permet d’emprunter un peu à chacun de ses aînés et de les mélanger de façon savante pour en faire ressortir quelque chose d’original. Bien sûr, il ne s'agit pas de l’ADN de la série comme le casting de personnages venus de toutes parts, le système de bravoure ou les scènes de dialogues, mais bien d’éléments qui leur sont plus spécifiques.

Opera Omnia se permet donc d’emprunter plusieurs composants des deux jeux PSP. Comme beaucoup de jeux mobile, celui-ci est découpé en chapitres. Mais cela peut également faire écho au mode histoire des deux premiers jeux, découpés en chapitres pour chaque personnage. Le semblant de jeu de plateau du Dissidia originel fait également son retour dans l’exploration des différents chapitres d’Opera Omnia. Tout comme sur PSP, les ennemis sont visibles grâce à des pions de différentes couleurs, indiquant leur puissance. Et en parlant d’ennemis, quelle joie d’enfin voir les monstres débarquer dans un Dissidia ! C’est juste dommage de se dire qu’il n’y a qu’une vingtaine de monstres différents (pour des dizaines de variations chacun) et qu’ils éclipsent totalement les traditionnels manikins en terme de présence. Si l’on voulait être de mauvaise foi, on pourrait également pointer du doigt un héritage venu tout droit de Duodecim : l’absence de localisation. Eh oui, le jeu est disponible uniquement en anglais, sans réel espoir de traduction.

Mais Opera Omnia ne se contente pas de rendre hommage aux premiers Dissidia puisque les deux plus récents sont tout aussi présents dans ce jeu mobile. Une bonne partie des nouveautés scénaristiques de Dissidia NT est donc présente dans la mouture mobile. Ainsi, Opera Omnia fait de nouveau intervenir les personnages de Materia et Spiritus dans une histoire totalement inédite. Il est d’ailleurs important de préciser que ce Dissidia peut être qualifié de “hors-série”. En effet, là où les 4 autres jeux font partie de la même continuité, Opera Omnia prend place dans un contexte totalement unique. C’est un excellent compromis pour les personnes qui aiment ce genre de jeux rassemblant les têtes connues mais qui ne supportaient pas le genre des précédents Dissidia. Cela apporte son lot d’avantages et d'inconvénients : fini l’amnésie générale, tous les personnages se souviennent de leur propre monde, mais par la même occasion, ils doivent de nouveau apprendre à connaître tous ceux venant d’un autre monde. Il faut quand même reconnaître qu’avec la quantité de personnage présents, il y a nombre d'interactions plus que croustillantes et ça fait plaisir ! Autre point important venu des Dissidia HD : les équipes de 3. Cela avait fait polémique sur les versions arcade et PS4, mais Opera Omnia changeant le style de jeu, c’est plutôt un point positif.

:: Un Changement de cap

Heureusement, Opera Omnia ne se contente pas de simplement singer ce qui a déjà été fait. Il ajoute sa propre touche à la série des Dissidia. Il s’agit là du premier d’entre eux à ne pas être un jeu de combat mais un RPG à part entière. Et quoi de mieux pour faire plaisir aux fans des RPG Final Fantasy que de restaurer le tour par tour ? Et pas n’importe lequel, puisqu’il s’agira du fameux CTB de Final Fantasy X. Quid du système de bravoure propre aux Dissidia ? Eh bien il est toujours présent, et il faut bien avouer que cela est plus naturel dans un RPG que dans les jeux de combat. Ainsi, il faudra jongler entre attaque bravoure et attaque HP, provoquer des syncopes pour obtenir un bonus de bravoure, profiter des éjections, etc, etc. Tous les éléments de combats des Dissidia sont donc présents et très bien intégrés à leur dynamique.

Bien évidemment, qui dit RPG dit personnages à entraîner et à équiper. Dans Dissidia Opera Omnia, il y a deux manières de faire progresser vos personnages. En les faisant monter de niveau de façon traditionnelle, et en faisant monter leur niveau de cristal. Chaque personnage se voit attribuer une couleur de cristal et ne pourra en utiliser d’autre. Et bien évidemment, les cristaux sont à gagner en quantité limitée chaque jour, même si globalement, cela monte assez vite. L’intérêt de monter le niveau de cristal est de débloquer des compétences passives ou actives, ou bien des augmentations de statistiques qui renforceront indubitablement vos personnages. Mais ce ne sera pas gratuit puisqu’il faudra utiliser des Points de Compétences (CP) pour les activer. Et votre niveau de CP dépend des équipements que vos personnages porteront. Il sera donc question de trouver le bon équilibre entre compétences et équipements.

En parlant d’équilibre, il faudra également en trouver un entre les personnages qui constitueront votre équipe. Dans Opera Omnia, vos personnages ne disposeront que de deux capacités spécifiques (en plus des sempiternelles “attaque bravoure” et “attaque HP”). Cela peut paraître peu de prime abord, mais au final cela permet de mieux cerner le rôle des personnage et de mieux s’adapter aux combats. Il y aura ainsi les éternels attaquants, qu’ils soient physiques ou magiques, mais aussi de vrais supports (comme Hope ou Ramza), soigneurs (comme Aerith ou Rem), des tanks (comme Galuf ou Celes) ou même des rôles spécifique à ce jeu comme les Batteries de bravoure ou les Poursuivants. Tout dépend donc de la stratégie à adopter et des ennemis en face.

:: Un Gacha Game

Le choix du support pour cette nouvelle itération de Dissidia entraîne une conséquence bien connue des habitués de jeux mobile. Opera Omnia choisit le modèle économique du Free To Play, et tout ce que cela implique (mises à jour, achats intégrés, etc), pour exister. Enfin, presque tout, puisque de manière surprenante il n’y a pas de jauge d’endurance. Il est donc possible de jouer à volonté sans contrainte et c’est vraiment satisfaisant de pouvoir s’arrêter quand on le désire plutôt que d’y être forcé quand la jauge d’endurance est vide. Seule exception, pour les événements se passant dans le Monde des illusions, qui ne servent qu’à obtenir les matériaux pour faire monter de niveaux vos chimères ou encore obtenir des artefacts. Les artefacts permettent de gagner des compétences passives sans dépenser de cristaux.

Un des avantages des jeux freemium, c’est la facilité avec laquelle ils ajoutent du contenu de manière régulière. Dissidia Opera Omnia n'échappe pas à cette règle. Environ tous les mois, un nouveau chapitre du mode histoire est ajouté, permettant de recruter de nouveaux personnages mais aussi de les voir interagir entre eux. De manière plus régulière, des événements (qui ne sont qu’une succession de combats et de saynètes) sont ajoutés, amenant également d’autres personnages. Et si vous avez eu la malchance de manquer un personnage d'événement, pas de panique ! Il existe des “Lost Chapters” qui sont des mini-chapitres permanents permettant de recruter des personnages d’anciens événements.

Autre avantage de ce format de jeu mobile, c’est la facilité avec laquelle de nouveaux personnages sont intégrés. Actuellement, il en existe une soixantaine sur la version occidentale alors que la version nippone approche, elle, de la centaine ! La plupart des personnages dont rêvent les joueurs depuis le premier opus sur PSP sont (ou seront) donc intégrés. Mais pas seulement ceux des opus numérotés, les spin-off ont également la part belle. Si Dissidia NT apporte les premiers Final Fantasy non principaux avec Ramza et Ace, Opera Omnia, lui, inclut également des personnages provenant de suites (Serah de Final Fantasy XIII-2) ou de jeux dérivés (Layle et plus tard Yuri de Final Fantasy Crystal Chronicles). Tout cela nous donnant un aperçu de ce qu’aurait pu être leur gameplay ou même leur design sur les jeux consoles. C’est toujours Nomura qui signe les artworks, et les modèles 3D sont vraiment très beaux et sans bavure.

En revanche, l’un des inconvénients de ce modèle de jeu, c’est la propension à vouloir faire payer des micro transactions aux joueurs, ici des gemmes, pour faire des tirages. Dans ce jeu, ce sont les armes des personnages qui sont à gagner sur les bannières. Les armes ont deux intérêts majeurs : augmenter le nombre de CP que peut avoir un personnage, et donner de nouveaux effets aux capacités d’un personnage. Il est donc important d’obtenir les armes spécifiques aux personnages, souvent en plusieurs exemplaires, afin de les rendre viables. Heureusement pour nous, Opera Omnia est plutôt généreux dans le nombre de gemmes qu’il offre mais également dans le nombre d’objets gagnés dans les bannières.

:: Bilan

Est-ce que Dissidia Final Fantasy Opera Omnia est digne de son nom ? Oui, indubitablement. On y retrouve tout ce qui a fait l’ADN de cette série : un casting complet et varié, un combat entre des dieux, des manikins, et le fameux système de bravoure. Il se permet même d’emprunter divers éléments aux précédentes itérations de Dissidia, sans doute afin de mieux se démarquer de la nouvelle direction que prennent les épisodes HD et ainsi plaire aux amoureux des opus PSP. Mais plus que de simplement s’inspirer ou reprendre des éléments, Opera Omnia se permet le luxe de révolutionner cette série en proposant pour la première fois autre chose qu’un jeu de combat. Faire de ce titre un RPG au tour par tour est une excellente idée qui permet d’inclure un aspect stratégique tout à fait bienvenu dans cette série.

Malheureusement, le jeu souffre de son support mobile. Cela ne lui permet pas de profiter pleinement de toutes les innovations dont il fait preuve. Les monstres, les décors ou les pistes sont bien trop souvent les mêmes. Soyons clair, pour un jeu sur smartphone, il est vraiment très réussi. Mais un portage sur PC, à la manière de Mobius en son temps, pourrait lui permettre de repousser ses limites beaucoup plus loin. Ce serait aussi l’occasion de localiser le jeu. Peut-être même que cela inspirerait un nouveau Dissidia RPG sur console portable. La série des Dissidia a encore bien des choses à nous offrir et Opera Omia est un premier pas, réussi, vers l’innovation.

Dates de sortie
Japon 1er février 2017
États-Unis 30 janvier 2018
France 30 janvier 2018




Cet article a été corrigé par Matt971.
Cet article a été encodé par ff fanatics.






par Kujata le 17.09.2018 à 21:03

Omi, les scénaristes d'Opéra Omnia ont joué aux jeu... mais pas le stagiaire et son Palom de FFV

Sinon ouais c'est un bon petit jeu, mais j'y passe très peu de temps, comme mon jeu ou je suis le plus serieux c'est KHuX

par OmikronSoul le 17.09.2018 à 17:08

C'est chouette que les personnages ne soient plus amnésiques. Non seulement ça change, mais ça leur offre aussi des sujets de conversation. Ceci dit, ça signifie aussi que l'histoire risque toujours de placer l'un ou l'autre spoiler pour les FF principaux. Je pense notamment au chapitre 5 qui révèle un assez gros "détail" sur Seymour de FFX.

Une chose qui m'intrigue, c'est qu'il n'est jamais clair à quel moment de leurs histoires respectives remontent les souvenir de chaque personnage. Cecil est toujours un Chevalier Noir, mais Kain semble se souvenir qu'il a été Paladin. Djidane connaît Eiko et sait ce que Kuja a fait à son monde, mais essaie de draguer chaque paire de seins qui passe comme s'il avait déja oublié Grenat. J'ai aussi pu voir un personnage mort en cours de jeu accueilli comme si rien ne s'était jamais passé.

De manière générale, on dirait qu'on a pris les personnalités des personnages telles qu'elles sont en début de jeu (Djidane dragueur, Terra fragile, Cloud misanthrope,…) et y a greffé les souvenirs dont on avaient besoin pour le bien de l'intrigue. Ça leur donne parfois l'impression d'être caricaturées, ce qui est dommage parce que les scénaristes d'Opera Omnia ont clairement joué aux jeux.





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