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Dragon Quest XI : Les Combattants de la destinée

Dragon Quest XI

Dragon Quest est une licence phare au Japon mais qui a toujours eu du mal à percer en Occident. Et pourtant, ce n’est pas faute d’avoir essayé ces dernières années. Le dernier épisode de la saga principale est sorti en 2010 dans le Vieux Continent. Cinq ans plus tard, en 2015, après un passage à Japan Expo où le créateur Yuji Horii a annoncé de façon improvisée l’arrivée des remakes 3DS des septième et huitième épisodes tant attendus par le monde entier (ce que les résultats contredisent, paradoxalement), Square Enix a dévoilé le onzième épisode nommé fraîchement Les Combattants de la destinée en français. Mais alors que Dragon Quest VIII : L’odyssée du roi maudit continue de résonner dans le cœur des fans des jeux de rôle japonais, est-ce que le Héros et ses compagnons pourront reprendre le flambeau dignement ?

Tout comme Final Fantasy, chaque Dragon Quest est indépendant des autres… En apparence. Il existe par exemple la trilogie “Erdrick” (Roto) qui comporte les trois premiers épisodes sortis sur NES Famicom, la trilogie “Zenithia” composée des épisodes quatre, cinq et six, ainsi que la trilogie “Eden” pour le sept, le huit et le neuf. Ces trilogies se passent parfois dans le même univers, dépassant le cadre de simple référence. Dragon Quest XI utilise intelligemment son héritage et se permet même plus. Mais pour comprendre de quoi il retourne, vous devrez aller jusqu’au bout de l’aventure. Et lorsqu’on dit “jusqu’au bout”, il faut le prendre au sens littéral.

Terra Incognita

L’histoire de Dragon Quest XI commence avec un jeune homme, que l’on va nommer “Eleven” (vous avez le choix de lui donner un nom), soudainement pris en chasse par le roi d’Héliodor, Cornélian, à cause du signe sur sa main, qui prouve qu’il est l’Élu de ce monde. Il accuse cet élu, l’Éclairé, d’être le porteur d’un message funeste pour le monde d’Elréa et décide de le prendre en chasse. Basique, me direz-vous à première vue, mais pendant votre périple, vous allez faire la rencontre de plusieurs personnages, dont votre fidèle ami Erik, la douce Séréna et la tsundere Véronica, le flamboyant Sylvando, la brave Jade, le sage Théo… Vous passerez par tous les biomes, vous vous attacherez aux personnages mais surtout, vous découvrirez un monde enchanteur qui cache bien des secrets enfouis depuis plusieurs décennies. Pour comprendre toutes les références et les subtilités du scénario, nous vous conseillons néanmoins de jouer aux précédents Dragon Quest, ne serait-ce que pour votre culture vidéoludique. Les premiers ne sont pas très longs mais c’est un conseil que nous vous donnons. Ce n’est pas obligatoire, rassurez-vous.

Une quarantaine d’heures suffisent pour terminer le jeu. MAIS, cette fin cache une autre partie, une véritable surprise que nous ne pouvons pas vous raconter, ce serait trop cruel de vous dévoiler le bouquet final. Une récompense pour les héros qui vont jusqu’au bout et qui tiennent parole. Dragon Quest XI ne réinvente pas le JRPG et ce n’est pas son but, contrairement à Final Fantasy. Cette licence sort rarement de sa zone de confort. Par contre, la patte graphique et la direction artistique convainquent dès les premières minutes de jeu. Le résultat de plusieurs années de travail avec cet artiste que vous connaissez probablement : Akira Toriyama. C’est pourquoi Square Enix a mis les bouchées doubles pour sa franchise fétiche : une série qui continue d’être fidèle à sa tradition en apportant une touche de modernité et un épisode sur consoles de salon pour ceux qui attendaient depuis presque quinze longues années. Vous n’aimez pas l’expression “entre tradition et modernité” ? C’est dommage.

Graphismes

Dragon Quest n’utilise pas le moteur de Koei Tecmo que l’on retrouve dans Heroes, ni le PhyreEngine de Sony dans Builders. Square Enix aime l’Unreal Engine 4 et le fait comprendre en l’adoptant pour ses derniers gros titres (excepté Final Fantasy XV). C’est ainsi que le monde d’Elréa apparaît devant vous chatoyant, coloré et radieux. Les décors sont variés avec la représentation des différentes saisons dans chaque partie du globe. Ce n’est pas étonnant vu qu’Elréa s’inspire du monde réel, mais nous allons en reparler un peu plus bas.

Tournant en 30 images par seconde constantes sur PS4 Pro et PC (sauf si votre configuration ne tient pas la route), le jeu est fluide, nous n’avons pas noté de gros ralentissement et surtout, le style d’Akira Toriyama est fidèlement retranscrit à l’écran… Même si pour certains designs, on ne peut s’empêcher de penser à Dragon Ball, forcément.

Cela dit et comme dans nombre de productions actuelles, le monde “ouvert” n’est pas très vivant ! Les zones sont séparées par des temps de chargement pas trop longs et quelques PNJ se baladent en ville mais vous n’aurez pas de grandes foules. C’est même un peu déroutant de voir un monde aussi grand et vaste mais avec aussi peu de vie. On ne s’attend pas à voir autant de monde qu’à Shibuya, mais de si grandes villes avec aussi peu d’habitants…

Les combats se passent dans des arènes après une transition où il est possible d’être libre de se déplacer, bien que cela n’apporte pas grand chose. On pourrait même dire que c’est une perte de temps malgré le sentiment de liberté supplémentaire. Les combats sont classiques mais les mille effets esthétiques de certaines attaques rendent l’action plus vivante et dynamique, notamment avec les attaques spéciales en mode Hypertonique où une petite cinématique accompagne l’événement, allant de très classe à très drôle. Vous avez rêvé de voir un héros faire du surf sur le dos d’un personnage pour devenir un missile humain ? Ce rêve est maintenant une réalité !

Localisation

“Ay caramba”, “grazie mille”, “voulez-vous coucher avec moi ce soir ?” Pour chaque ville inspirée du monde réel, le texte et les dialogues sont retranscrits comme à la maison. Si vous allez à Yotto, les personnages vous parleront en haïku. Si vous êtes à Laguna di Gondolia, vous aurez l’impression d’avoir fait un saut en Italie. Puis, si vous faites un petit saut à L'Académie de Notre-Maître des Médailles, l’accent français est particulièrement mis en avant. On ne va pas vous faire toute la liste mais un gros effort a été fait pour l’Occident, ne serait-ce que par l’ajout de voix anglaises (les voix japonaises sont présentes sur la version Switch mais les spécificités géographiques sont absentes) et des références à notre culture. Preuve que Square Enix a tout fait pour que la licence soit une réussite.

Le gros point noir concerne les noms propres. En effet, entre ce qui se dit et ce qui est écrit, vous pourrez voir certaines différences car les noms anglais et français peuvent être différents ! Par exemple, Théo s’appelle Rab, la ville de Phnom Menh se nomme Phnom Nom, Yotto porte le nom de Hotto, Manda Laï est Angri-La etc. Vous l’aurez remarqué, les personnes en charge de la localisation ont eu une grande liberté. On ne vous parle même pas des noms japonais qui n’ont absolument aucun rapport ! Cette liberté de localisation est la bienvenue, mais ce décalage entre les voix et les textes nous a presque donné envie de couper le son pour jouer comme à l’ancienne.

Ad Nauseam

Koichi Sugiyama, compositeur attitré de la série est revenu malgré son âge. Et il aurait été préférable qu’il ne revienne pas ! En plus des musiques en version MIDI, et donc de mauvaise qualité, la majorité des nouvelles compositions tapent rapidement sur le système. La musique de la mappemonde va vous donner des cauchemars et celle de combat va rapidement vous ennuyer. De quoi vous infliger des troubles de stress post-traumatique après avoir entendu un court extrait…

Blague à part, le jeu utilise beaucoup les compositions des précédents opus de la série. A vue de nez, nous pouvons compter une trentaine de musiques utilisées pour le jeu. C’est énorme et cela montre clairement les limites du compositeur. Bien qu’il ait énormément contribué à la démocratisation et à l’orchestration de la musique de jeux vidéo, il serait temps pour Square Enix de lui trouver un successeur.

Ultima

Sortie le 27 septembre 2019 sur Switch, cette version Ultime est exclusive à la console hybride de Nintendo, un an après les versions PS4 et PC. En plus d'ajouter les fonctionnalités de la version 3DS (uniquement disponible sur le sol nippon), cette version améliore encore plus votre expérience de jeu et est indispensable pour les fans de la saga et pour les joueurs qui aimeraient revivre cette merveilleuse épopée. Elle propose de surcroît :

La possibilité de jouer en 2D 16 bits à l’ancienne en passant par une église ou une statue sacrée ; Des quêtes annexes Chronomis pour surveiller les lignes temporelles des précédents Dragon Quest grâce à des “mots de passé” et obtenir des trésors légendaires ; De nouvelles quêtes annexes pour combler quelques trous du jeu de base ; Un mode photo pour garder des souvenirs inoubliables de votre périple ; Des voix japonaises en plus des voix anglaises, parce que plus il y a d’options, mieux c’est ; Une accélération des combats ; La bande-son en version symphonique, indispensable pour sauver vos oreilles et votre cerveau des envies de suicide.

Le jeu doit faire quelques sacrifices côté technique, mais il reste très agréable à l’œil et fluide. Vous profiterez de tous les bonus de cette édition Ultime. Ce sacrifice technique n’est qu’un petit détail en comparaison.

Initium finis bonus facit bonum

Une seule définition pour ce jeu : la quintessence du jeu de rôle japonais. Loufoque, touchant, attachant, généreux, incroyable… Les qualificatifs manquent pour décrire ce jeu qui mérite le statut de légende du XXIème siècle. Maîtrisé sur tous les domaines, sauf la musique, Dragon Quest XI : Les Combattants de la destinée est un passage obligatoire pour tout fan de JRPG qui se respecte.

Pour celles et ceux qui sont déjà de fervents fans de la saga, nous ne pouvons que vous recommander de plonger dans le monde d’Elréa. Et si vous recherchez une porte d’entrée accessible pour découvrir cette licence légendaire, alors Dragon Quest XI pourrait bel et bien être votre âme soeur. Il se pourrait même qu’il vous donne envie de découvrir les précédents opus.

Nous l’avons dit plus haut mais le répétons : contrairement à son cousin Final Fantasy, Dragon Quest ne révolutionne pas mais utilise son héritage tout en le perfectionnant à chaque opus. Et le plat servi l’est avec une telle maestria ! On ne peut pas blâmer un cuisinier de proposer ses spécialités. C’est un 9,5/10 sur “Un dîner presque parfait”. Glurp !

Dates de sortie 3DS
Japon 29 juillet 2017
États-Unis Jamais
France Jamais
Dates de sortie Vanilla PS4/PC
Japon 29 juillet 2017
États-Unis 4 septembre 2018
France 4 septembre 2018
Dates de sortie DQXI S Switch
Japon 27 septembre 2019
États-Unis 27 septembre 2019
France 27 septembre 2019
Dates de sortie DQXI S PS4/XBOX/PC
Japon 4 décembre 2020
États-Unis 4 décembre 2020
France 4 décembre 2020

Les commentaires

  • commentaire par Skyprad le 04.03.2020 à 17h17

    Ça me donne envie de refaire une partie !

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