Vous êtes ici : AccueilJeux Square EnixOctopath Traveler

Octopath Traveler

La génèse par Aelfric

Ah Octopath Traveler, le troisième gros jeu original de Portage Land, ah pardon de la Nintendo Switch. Un jeu qui a fait quelques déçus à sa sortie, dénotant une trop grosse attente créée par les démos. Un effet Serre Noire* ? Eh bien voyons ça plus en détails.

Octopath Traveler est un RPG classique tiré des studios qui ont créé auparavant la série Bravely. Le système de jeu est très inspiré de ces jeux par ailleurs. Cette fois-ci, en combat, les actions ne dépensent pas de points d’énergie (l'équivalent des PB), mais peuvent être renforcées grâce à ceux-ci. De plus, chaque personnage a un talent et une action spéciale. Les actions spéciales permettent d’interagir avec les personnages non joueurs et se divisent en quatre catégories : combat, accompagnement, investigation et obtention d'objets. Ce système n'est pas sans rappeler un certain RPG de Camelot Software : Golden Sun.

De plus, vous avez un système de réputation dans chaque ville. Plus vous échouerez à faire les actions spéciales et plus votre renommée en pâtira. Si vous échouez trop de fois à voler un passant, par exemple, certaines actions deviendront impossibles à réaliser sur les villageois vous entourant. Il faudra alors aller à la taverne pour remonter votre réputation en payant le tavernier. Car c’est bien connu, c’est autour d’une bonne bière que les opinions sur les gens se forment ! (Comment ça pas vraiment ?)

* L’effet « Serre Noire » est nommé ainsi en référence au MMORPG Star Wars : The Old Republic, où la première instance de chaque faction était ultra scénarisée, mais où les suivantes l’étaient beaucoup moins. Il implique une déception par rapport à la quantité/qualité du contenu que l’on s’attend à avoir telle que dans les premières interactions avec le jeu.

Les héros de la Lum… ah bah non en fait

Qui dit Octopath dit huit voies différentes, et donc huit personnages aux caractères fort différents les uns des autres. Attention, pour pouvoir présenter chaque personnage dans ses motivations, le premier chapitre de chaque histoire peut être un peu divulgâché.

Olberic Eisenberg

Olberic Eisenberg
La lame inflexible du royaume disparu de Cornebourg. Un chevalier et un as de l'épée dont le nom le précède de loin. Ayant perdu son roi et son pays suite à une trahison, il a perdu la raison de se battre et cherche le coupable. Un homme droit et amical qu'il est bon d'avoir avec soi vu qu'il frappe assez fort.
Son talent le fait mieux encaisser les attaques.
Son action spéciale lui permet de défier n'importe qui, sauf quelques personnes, dont la plupart des enfants. À noter que de l'équipement parmi le meilleur est obtenable via ses défis. Olberic doit avoir atteint des paliers de niveaux pour pouvoir défier des ennemis de plus en plus coriaces.

Tressa

Tressa
Tressa est une marchande, fille de marchands. Elle court-circuite l’apprentissage classique des marchands en cinq ans pour devenir une itinérante et ainsi découvrir le monde. Ne la sous-estimez pas, elle est coriace quand on la contrarie, allant jusqu'à s'opposer à des pirates sans foi ni loi alors qu'elle n'a même pas entamé son voyage.
Son talent vous fait gagner de l'argent quand vous rentrez dans une zone en fouillant les cadavres des malheureuses personnes mortes à cet endroit.
Son action spéciale lui permet d'acheter les objets en possession des habitants de ce monde. Elle est limitée par votre quantité de feuilles, l'argent du jeu.

Cyrus Albright

Cyrus Albright
Cyrus est un érudit de Diguedin, une ville bien sous tous rapports, avec une académie de mages encore une fois charmants et admirables. Vous la sentez venir l'anguille sous roche ? Eh oui aussi charmante que soit cette ville, complots, magie noire et vols de livres y ont lieu. Mais revenons-en à Cyrus. Professeur au palais, il enseigne notamment à la princesse du royaume de Diguedin et à Theresa, une jeune noble de la cour. Soucieux de ne pas être mal vu, il parle toujours avec un immense respect à son interlocuteur, voire même avec de la flagornerie. Donc bien évidemment, quand il s'adresse à une demoiselle, celle-ci se croit courtisée, ce qui mène à des quiproquos, des rumeurs et autres calomnies qui font que Cyrus est écarté de l'académie. Sauf que cela l'arrange, ainsi il va pouvoir retrouver la trace d'un des livres manquants.
Son talent découvre une faiblesse de chaque variété d'ennemi en début de combat.
Son action spéciale est de scruter celui ou celle avec qui il discute pour obtenir des informations. Attention cette action peut échouer, entraînant la baisse de votre réputation dans le village ou la ville.

Ophilia

Ophilia
Ophilia est une orpheline adoptée par le grand pontife de la religion d'Aelfric, connue aussi comme religion de la Flamme éternelle. Viennent les jours où le rituel de l’Attisement doit être accompli. Pour cela, un prêtre doit aller chercher les cendres de la Flamme et attiser les trois feux des cathédrales de la région. C'est Lianna, la sœur adoptive d'Ophilia qui doit accomplir ce rituel. Or, le père des deux demoiselles est à l’article de la mort. Afin que Lianna puisse rester avec son père, Ophilia va devenir la Porte-Cendre en lieu et place de sa frangine.
Son talent est d'appeler au combat l’individu qu'elle guide.
Son action spéciale est de guider les gens. Ils peuvent alors vous aider au combat grâce à la capacité « Appel d'Ophilia ». Mais surtout, cela permet de mener une personne à un endroit particulier. À l’instar d’Olberic, Ophilia doit avoir passé des paliers de niveaux pour guider des individus de plus en plus puissants.

H’aanit

H’aanit
H'aanit est une chasseresse. Elle est constamment accompagnée de Linde, sa panthère des neiges. Elle a été entraînée par son maître Za'anta. La façon dont il narre ses exploits fait plus de lui un pêcheur qu'un chasseur, mais passons. Ces deux chasseurs gagnent leur croûte en chassant des monstres dangereux pour lesquels des contrats ont été déposés. Un jour, son maître disparaît lors d'une de ses longues chasses et son compagnon revient seul. Ha'anit, rentrant d'une chasse avec succès, part alors à la recherche de son maître.
Avec son talent, H'aanit capture des monstres puis les utilise au combat.
Son action spéciale est de provoquer les personnes. Ce faisant vous les combattez en utilisant les monstres capturés. Attention tout de même, si vous perdez le combat, votre réputation dans la ville diminuera.

Thérion

Thérion
Thérion est un voleur. Il cherche donc à voler des objets rares précieux et si possible bien protégés. Ainsi il va essayer de voler une gemme de grande valeur dans un manoir de Graben. Hélas le cambriolage sera plus mouvementé que prévu. Il sera alors envoyé récupérer les autres gemmes qui ont disparu du manoir. Solitaire et assez asocial, il est tout de même impressionné par les exploits de ses compagnons de voyage, notamment les descentes de verre. Conseil : faites les chapitres de Thérion avec Primerose dans le groupe, ils ont des interactions très drôles.
Le talent de Thérion est assez pratique, puisqu’avec lui dans votre groupe vous pouvez ouvrir les coffres violets fermés à clé.
Son action spéciale est de détrousser ses victimes de leurs objets. Si vous échouez, votre réputation en ville en sera ternie.

Alfyn

Alfyn
Alfyn est un apothicaire du petit village de Ruisseclair. Son but est simple : soigner toutes les personnes qu'il peut. Après avoir réglé les légers maux du village, il fait promettre à son ami d'enfance Zeph de s'occuper du reste. Ainsi il peut partir sur les routes pour soigner d'autres personnes et en apprendre plus sur le métier d'apothicaire. Quand il était enfant, il souffrait d'une maladie presque incurable le menant à la mort. Heureusement, un apothicaire itinérant lui sauva la vie. Ceci le motiva à suivre cette voie de l'altruisme. Chose notable, ne défiez pas Alfyn dans un concours de boisson, il va gagner.
En utilisant le talent d'Alfyn, vous pourrez créer de puissantes concoctions en combat. Vous utilisez alors deux types d'objet, l’un qui donne les caractéristiques (bénéfique/maléfique/une cible/plusieurs cibles) et la puissance de la concoction, l’autre qui donne ce que la concoction va affecter (PV, PM, PE, statistiques).
Son action spéciale est de questionner son interlocuteur pour obtenir des informations. Encore une fois, il doit être assez haut niveau pour converser avec tout le monde.

Primerose Azelhart

Primerose Azelhart
Primerose est la descendante de la maison Azelhart, la maison de nobles la plus influente de Noblecour. « Ta foi est ton bouclier », voilà le mantra de sa famille qu'elle se répète en permanence. Quand elle n'était encore qu'une enfant, son père fut assassiné devant ses yeux par trois hommes portant la marque du corbeau. L'un sur le bras droit, un autre sur le bras gauche et le dernier sur la nuque. Devenue orpheline, elle devient danseuse en espérant trouver des informations sur le trio au corbeau. Ainsi commence sa quête de vengeance. Avertissement avant de faire son histoire : elle est sordide. Si ce n'est pas graphiquement, elle l'est moralement et psychologiquement. Cette histoire seule justifierait de faire passer le jeu au moins PEGI 16.
Le talent de Primerose est le même que celui d'Ophilia : appeler la personne qu'elle a charmée au combat.
Son action spéciale consiste à séduire les passants pour qu'ils vous suivent. Cette action peut échouer (principalement pour des raisons à ne pas juger) et baisser votre réputation en ville.

L’avancée héroïque des élus des dieux

Si ce jeu a des défauts qui peuvent en rebuter certains, il n'en reste pas moins un jeu avec de très bonnes qualités. Le bémol est que tel un diamant, il faut polir un tout petit peu pour le voir briller.

- Octopath Traveller est ma-gni-fique. Les personnages sont certes en pixel art, mais très bien faits. Les décors sont eux détaillés et, chose rare pour être mentionnée, le jeu gère la profondeur de champ. Si votre personnage est au fond d'un décor, alors les bouts d'éléments que vous verrez du devant seront flous et inversement. Cet effet renforce la proximité avec les personnages et donne moins un point de vue omniscient.

- Les thèmes musicaux sont excellents. Même si la musique orchestrale ne colle pas forcément, certaines musiques restent en tête. Et c'est un exploit en 2018 où la surcharge d'informations est présente, ce qui fait que peu en restent. Mais là rien que le thème des boss ! Bon sang mais c'est plus des briques qu'il casse là, c'est lingots d'acier trempé ! (Oui même si c'est stupide de traiter des lingots, forgez-les avant les enfants)

- Le système de combat est aux petits oignons. On voit clairement l'évolution de 4 Heroes of Light à Bravely suivi d’Octopath. L'ajout des faiblesses et de la chronologie dans les tours donne un aspect stratégique important voire même nécessaire pour certains boss. Tout dans ce système respire l'envie d'améliorer les combats classiques pour les rendre intéressants. Eh bien c'est totalement réussi !

- Le système d'amélioration des personnages est lui aussi très bon. Dans la veine des Bravely en ajoutant que les personnages sont classés de base. Ainsi Primerose aura toujours les capacités de danseuse et ne peut avoir qu'une classe secondaire. Le fait de ne pas pouvoir avoir plusieurs personnages avec la même classe secondaire est intéressant aussi, cela force un minimum de variété. Le fait de pouvoir garder ses points de classe et d'investir dans une autre simplifie vraiment le gain des compétences. Pas besoin de se forcer à jouer une classe moins forte si on peut utiliser celle avec les bonnes capacités actives. Vous débloquez les capacités passives en même temps que les actives, très bonne idée là aussi. Il est presque dommage qu'on ne puisse équiper que quatre capacités passives tellement certaines sont pratiques. Petit conseil en passant, essayez d'avoir au plus vite la classe secondaire de Danseur, elle donne le passif qui régénère les PM, et au début c'est extrêmement utile. Et aussi, débloquez en premier les capacités qui touchent tous les ennemis, ça aussi ça rend les voyages plus simples.

- La narration est géniale. Si elle se répète un peu au début, les huit histoires racontées sont excellentes. Chaque personnage est changé par son vécu, chaque histoire a son impact et sa leçon. Alors certes cela fait très Octobackground Traveler, mais franchement, au vu de la qualité des histoires, ce n’est pas un problème.

- Les saynètes. Certaines poignantes, certaines hilarantes, elles font mouche, et oui, grâce à ces saynètes, les personnages interagissent entre eux. On y voit bien les caractères qui s'alignent ou dévient.

- L'univers est fourni. Ici, pas l'impression que l'univers s'est mis à tourner avec nos personnages. Non, il y a une Histoire, et les protagonistes vivent leurs histoires. Et le mieux dans ce délire, c'est que ces histoires ont un impact sur l'Histoire du monde.

- Les quêtes annexes sont nombreuses, elles sont sympathiques à suivre, et la plupart ont plusieurs façons de se finir, avec certaines qui sont assez originales. Habituellement, il faut trouver la bonne personne, utiliser sur elle la bonne action spéciale, et cela résout la quête. Notamment on peut résoudre des quêtes annexes avant de les avoir, du genre on croise un bandit avec Olberic dans le groupe, on le défie, le vainc, et cela finit une quête qu'on n’a même pas. Et par rapport aux défis, il est possible de clore des quêtes en perdant des combats. La victoire n'est pas toujours la solution ! Souvent l'enquête vous aidera beaucoup.

- La durée de vie est très correcte. Les développeurs avaient annoncé entre 80 et 100 heures pour tout faire. Si vous prenez votre temps et que vous faites du nivellement, vous pouvez monter facilement à 150-160h voire bien plus pour monter les personnages au saint Graal du niveau 99 (qui n’est pas utile pour le coup, mais c'est toujours un défi quand vous n’avez rien à faire).

- Le boss rush et le True Last Boss. Non, il ne faut pas en dire plus.

Les légions de Galdera

Pour être honnête, il convient de citer tout de même les anicroches qui font qu’Octopath garde sa part d'imperfection. Et encore certains des défauts cités ci-dessous sont liés à ce qu'est le jeu, un RPG classique.

- La musique est certes très sympathique mais le style orchestral ne colle pas parfaitement à l'action présentée. Octopath n'est pas un récit épique mais intimiste, donc en effet, l'orchestral « pour faire comme tous les gros jeux du moment » n'est pas le meilleur choix. En effet, les musiques sont bien meilleures hors du jeu que dans le jeu. Les mélodies sont bonnes, ce qui fait que le jeu aurait gagné à appliquer un autre style dessus.

- Les personnages ne gagnent de l'expérience que s'ils sont dans le groupe. Il y a donc un peu de massacre de monstres à faire pour remettre au niveau ceux qui restent dans les tavernes. Ceci dit, avec une bonne rotation du groupe lors des histoires principales, le nivellement nécessaire est bien réduit.

- Hormis les discussions additionnelles, les personnages n'interagissent pas. En effet, les personnages n'interviennent pas directement dans les autres histoires, en dehors de saynètes. Là où le bât blesse un peu, c'est pour les quêtes annexes. Si celles-ci se résolvent pour la plupart grâce aux actions spéciales des personnages, il n'y a pas de petits commentaires sur les différentes situations de la part des uns et des autres. C'est dommage, ça aurait été un petit plus sympathique.

- Les premiers chapitres peuvent se répéter un peu à force. Bon, en même temps c'est huit fois l'explication de pourquoi le personnage part à l'aventure.

Vers une fin heureuse ?

Octopath vaut-il le coup ? Oui, mille fois oui. C’est une bouffée d’air, une preuve que de vieux concepts, on peut encore créer du neuf. Les histoires valent toutes le coup, toutes ont une vraie belle fin et une construction du même tenant. Chaque histoire a SA morale qui diffère des sept autres. Et surtout, toutes nous font nous attacher aux personnages qui sont mis en place, qu’ils soient protagonistes ou antagonistes. On comprend les antagonistes, ce qui rend le combat contre eux un vrai combat de convictions.

A-t-on eu un effet « Serre Noire » ? Avec des démos promettant trop. Non. On a eu exactement ce que les démos promettaient, et bien plus encore. Ce n’est pas un AAA et il ne doit pas être jugé comme tel, c’est un AA, et un très bon qui plus est.

Pour comparer, on n’a pas ici une paire de chaussures de course. Ici on a les pantoufles que vous avez prises en trouvant qu’elles ressemblaient à vos anciennes, que plus tard vous emmenez dans les pyjamas party parce qu’elles sont confortables. Et finalement vous vous rendez compte que vous n’avez passé quasiment que de bons moments avec ces pantoufles aux pieds. Octopath est un jeu tranquille, posé, encore plus que ne l’étaient les RPG classiques de l’époque SNES. Telle une paire de pantoufles, il est agréable, confortable, puis on se rend compte qu’on a passé des heures et des heures à découvrir le monde affalé sur son canapé.

Dates de sortie Switch
Japon 13 juillet 2018
États-Unis 13 juillet 2018
France 13 juillet 2018
Dates de sortie PC
Japon 07 juin 2019
États-Unis 07 juin 2019
France 07 juin 2019

Écrire un commentaire

Vous devez être inscrit(e) et connecté(e) pour pouvoir poster un commentaire.
Inscrivez-vous dès maintenant !