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Dragon Quest Heroes

Dragon Quest Heroes

Daté du 26 février 2015 au Japon et disponible presque huit mois après sur le Vieux Continent, Dragon Quest Heroes, c’est avant tout la fusion entre deux univers diamétralement opposés aussi bien sur le fond que sur la forme. D’un côté, la saga Dragon Quest portée depuis 1986 comptabilisant à son actif près de dix épisodes numérotés et bon nombre de spin-off, de l’autre, le genre Musou établi par Tecmo Koei et la série des Dynasty Warriors. (Si vous ne le savez pas, un Musou est en quelque sorte un mélange de beat’em all et de hack’n’slash dont la majeure partie du marché vidéoludique est tenue par la société Tecmo Koei)

L’opposition des deux univers s’établit sur le fait que l’un œuvre dans l’attachement au scénario et à la construction de ses personnages tandis que l’autre tend beaucoup plus à faire primer l’action, en dépit de son histoire. L’interrogation des joueurs, quant à cette fusion, est donc légitimée, même si les studios Omega Force (branche de Tecmo Koei en charge de Dragon Quest Heroes) ont déjà par le passé fait leurs preuves sur d’autres grosses licences comme Pokémon (Pokémon Conquest) ou encore Zelda (Hyrule Warriors). En sus, cette collaboration marque également le renouveau de la saga de Yuji Horii qui nous offre ici un épisode « entre deux genres » mais qui reste néanmoins ancré à ses origines. Mais rentrons sans plus attendre dans le vif du sujet.

:: Raglute-moi des histoires…

Nous sommes plongés dans le monde fictif d’Arbera, un univers visiblement en paix où les monstres et les humains vivent en parfaite harmonie et où trône Yggdrasil l’arbre du monde. En plein jour de fête, les deux héros principaux de notre aventure, Aurora et Luceus, accompagnés de leur mascotte Medicix, sont témoins d’une étrange magie qui semble avoir changé le comportement des monstres envers les humains. Ceux-ci sont désormais emplis de haine et il n’est désormais plus question de faire ami-ami avec ces derniers puisqu’ils se mettent à vous attaquer. Devant cette incompréhension, les héros tentent de comprendre ce qui s’est passé et de trouver comment restaurer l’harmonie entre humains et créatures. Ils rencontreront par la suite leurs compagnons de route, héros des anciens Dragon Quest, qui s’intègrent à cette nouvelle aventure sans chercher la complexité scénaristique.

Cette opulence de personnages est l’un des premiers points forts du jeu qui, en plus d’introduire de nouveaux visages dans la saga comme le stratège Luceus, la fonceuse Aurora, le roi Doric et la mécanicienne Isilde, met l’accent sur les anciens protagonistes des précédents opus. Les fans de la première heure pourront ainsi retrouver les personnages mythiques issus des épisodes IV, V et VI tels que Jessica, Nera, Bianca… Mais également des personnages issus du huitième opus comme Jessica et Yangus. Au total, ce n’est pas moins de 12 personnages (sans compter un personnage secret) qui sont jouables ici.

Ce qui est intéressant dans cette myriade de héros, c’est que chacun est travaillé comme il se doit, aussi bien au niveau graphique, où la modélisation des personnages des premiers opus est rondement menée et rend pleinement hommage au travail de Toriyama, qu’au niveau du gameplay où chacun possède des compétences qui lui sont propres, des équipements et des styles de jeu différents qui demandent d’acquérir une certaine aisance avec ces derniers pour créer l’équipe parfaite. Ce qu’on aime aussi, ce sont les dialogues entre ces personnages dont les multiples clins d’œil aux anciens jeux de la saga sont très plaisants et permettent de garder une cohérence avec les origines de chacun.

Vous l’aurez donc compris, l’aspect fan-service est omniprésent, et ce dès la première mission où l’objectif est d’apprendre les bases du combat en éliminant une horde de gluants. En lui-même, le bestiaire de Dragon Quest Heroes en est lui aussi empreint. Les fans se feront une joie de retrouver des visages bien connus tels que les Sanguini, la famille des gluants, les vampivol, les morts-vivants… On regrette néanmoins que le bestiaire ne soit pas plus étoffé. Car bien qu’il y ait différents types de monstre, ce sont bien souvent les mêmes qui portent un nom différent sans vraiment changer de design.

:: Protège-moi si tu le peux…

En ce qui concerne le gameplay, l’inspiration Dynasty Warriors est très difficile à masquer. Néanmoins, et c’est là tout l’intérêt du soft pour Oméga Force, le jeu se veut en deçà des traditionnels Musou et propose une toute autre dimension que la simple conquête de fort plébiscitée par les soft de la même lignée. Plutôt que de se calquer sur des missions de conquête à temps limité, c’est en effet sur le Tower Defense que s’appuie Square Enix pour créer la surprise. Bien souvent, le jeu nous amène à devoir protéger des objectifs avec une jauge de vie en survivant aux vagues de monstres qui apparaissent sur le champ de bataille pour vous donner du fil à retordre. A cela s’ajoute un nouveau principe, celui de monstres alliés. Vous pourrez en effet, une fois un ennemi vaincu, récupérer son médaillon et l’invoquer à vos côtés sur le champ de bataille.

Vos nouveaux alliés auront ainsi divers comportements en fonction de leur nature. Certains auront des attributs défensifs et pourront protéger votre objectif pendant que vous allez faire le ménage ailleurs, d’autres auront une action immédiate, comme réduire les stats de l’ennemi avant de disparaître et d’autres combattront tels quels à vos côtés jusqu’à ce que mort s’ensuive. Ajoutons à cela une mécanique de monstre « portail » qui invoque de plus en plus d’adjuvants, et vous obtenez un gameplay stratégique très intéressant où il faut choisir entre rester protéger son objectif ou éliminer les différents portails afin de stopper l’afflux de monstres au risque de mettre en danger ce que vous devez défendre. Ce sont ces différentes possibilités qui font que foncer tête baissée dans le tas ne vous amènera pas forcément à la victoire. Il faut généralement faire des choix stratégiques et avoir les bons réflexes pour remporter la bataille.

Néanmoins, sur le plan pratique, on regrette le peu de mouvements et d’attaques proposés avec les personnages qui se limitent au nombre de trois voire quatre pour certains. Bien que chaque protagoniste possède un style qui lui est propre, la répétitivité de ses actions peut lasser et les combos devenir ennuyeux au fil du temps. L’attaque tension de chaque personnage (une espèce d’attaque ultime sous des airs de Kamehameha) apporte un plus, mais reste tout le temps la même également. De plus, il y a un manque d’équilibre entre certains personnages qui tend à se ressentir très tôt dans le jeu et, une fois bien exploités, qui permettent de boucler certaines missions difficiles sans trop de soucis. La difficulté d’ailleurs est un des points du jeu qu’il est nécessaire d’aborder. Alors oui, les missions au départ sont sensiblement faciles, mais la difficulté croît graduellement et le challenge est bien présent. Si les joueurs les plus aguerris aimeront le défi, certains autres regretteront la phase levelling nécessaire pour pouvoir réussir la mission sans trop de mal.

Ce qui se ressent aussi cruellement mais à moindre mesure, c’est l’ajout d’un mode multijoueur qui aurait pu apporter un vrai plus au soft où l’on s’imagine déjà défendre un villageois pendant qu’un ami part détruire la source d’affluence des monstres. (Encore faut-il avoir des amis)

:: L’Aéroc de mes rêves…

Un autre point sensible du jeu, c’est l’Aéroc. Véritable vaisseau volant, il vous servira de base pendant toute l’aventure. A son bord, vous retrouvez une église, typique de la licence Dragon Quest, où vous pourrez sauvegarder votre partie et vous approvisionner en pierres de soin, un comptoir à quêtes et à récompenses, un atelier d’alchimie où vous pourrez fusionner vos objets pour en créer un meilleur, ou même fabriquer des objets à partir de recettes et de ressources que vous aurez préalablement obtenues en combattant des monstres ou échangées au PNJ associé contre des mini-médailles, un comptoir boutique où se vendent des armes et des équipements et une taverne où vous pourrez dialoguer avec les autres personnages entre deux missions.

Si le principe est bien pensé sur le fond, l’on constate quelques déficiences sur la forme. En premier lieu, à la fin de chaque mission histoire, le jeu vous ramènera automatiquement à l’Aéroc. Ce n’est pas gênant en soi mais d’un point de vue narratif, le fait d’être coupé entre deux missions très importantes pour revenir dans la base casse le rythme narratif et peut par moments couper le joueur dans son élan.

Pour ce qui est des services proposés, on peut noter une certaine redondance des quêtes qui bien souvent ne sont pas très recherchées. Ainsi, les missions de principe « Éliminez tant de monstres X » ou « Livrez tant d’objets X » feront votre quotidien. De plus, le système d’acceptation de quête est assez particulier, dans la mesure où pour valider une quête, il vous faut reparler au PNJ en charge du service.

Aussi est-il dommage d’avoir un nombre de quêtes cumulables limité, dans le sens où certains objectifs d’une quête peuvent permettre de valider pléthore d’autres et que par conséquent, il faudra bien souvent faire de nombreux allers-retours alors qu’on aurait pu en éviter un certain nombre.

Le changement de personnage dans l’équipe nécessite d’aller à la taverne, de parler au PNJ, de modifier la composition de l’équipe puis de la valider soigneusement (oui oui, si vous appuyez deux fois sur Rond par erreur, on recommence) afin de pouvoir continuer. Mais ne vous inquiétez pas, certains personnages vous marqueront plus que d’autres et l’équipe de vos rêves risque de se cristalliser très vite.

Malgré ces quelques désagréments, il est évident que Dragon Quest Heroes propose un contenu immense et que, même si l’aventure peut se conclure assez vite (20-25h, tout dépend du levelling et de la difficulté choisie), le 100% et le platine mettront beaucoup plus de temps, tout en étant accessible au plus commun des mortels avec un minimum de volonté.

:: « Quelle allure ! »

Il faut enfin saluer le côté graphique du soft qui est en beaucoup de points irréprochable. Les couleurs sont vives, les univers sont vides mais variés, le design des personnages est propre et les cinématiques sont grandioses avec néanmoins quelques ralentissements, rares mais présents, lorsqu’il y a beaucoup trop de monstres mais aussi dans quelques moments peu propices à ce genre de désagrément. Aussi, les doublages sont d’une qualité excellente, que ce soit en japonais ou en anglais. Au même titre, musicalement parlant on retrouve les thèmes incontournables des anciens Dragon Quest ponctués de créations originales signées Koichi Sugiyama relativement bien réussies mais qui ne marquent néanmoins pas fortement les esprits du fait de leurs répétitions qui peuvent même amener à l’agacement pour certaines.

:: Conglusion

Pour conclure, nous pouvons donc dire que la fusion opérée entre les deux univers que sont Dynasty Warriors et Dragon Quest est réussie. Le jeu est magnifique graphiquement, les mécaniques innovent pour la plupart, les doublages sont un délice et la durée de vie est relativement correcte. On reprochera néanmoins au soft la redondance extrême de ses quêtes, un Aéorc que l’on veut vite abandonner et quelques rares, mais néanmoins présents, ralentissements. A cela s’ajoute un fan-service omniprésent mais très bien exploité qui permet au titre de se placer à la fois dans le style Musou tout en conservant ses origines de RPG.

Date de sortie PS3
Japon 26 février 2015
États-Unis Jamais
France Jamais
Dates de sortie PS4
Japon 26 février 2015
États-Unis 13 octobre 2015
France 16 octobre 2015
Dates de sortie PC
Japon Jamais
États-Unis 3 décembre 2015
France 3 décembre 2015




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